Tournons la page ! L’église catholique congolaise réclame un soutien européen à la démocratie en Afrique

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Tournons la page !

L’église catholique congolaise réclame un soutien européen à la démocratie en Afrique

4 février 2015, Régis Marzin, pour Afrika Express

Article sur Afrika Express

Voir aussi l’interview de Mgr Fridolin Ambongo pour Afrika Express

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De gauche à droite, Abbé Santedi, Mgr Fridolin Ambongo, Père Antoine Sondag, Brice Mackosso, photo Régis Marzin.

Le 15 octobre 2014 était lancé l’appel « Tournons la page », début d’une campagne internationale pour l’alternance en Afrique. De nombreuses associations et personnalités, européennes et africaines, ont signés l’appel « En Afrique comme ailleurs, pas de démocratie sans alternance ! » et certaines se sont ensuite organisées autour d’un noyau d’ONG à Paris, en particulier le Secours Catholique, qui soutient fortement l’initiative en lien avec ses partenaires.

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Revue de presse du 1er décembre 2014

L’actualité de la semaine dernière a été marquée par la tenue du XVème sommet de la Francophonie à Dakar et les déclarations de François Hollande au sujet des modifications constitutionnelles à des fins personnelles.

RETOUR SUR LE SOMMET DE LA FRANCOPHONIE

Ce XVe sommet de la Francophonie est un tournant, parce que le nouveau secrétaire général de la Francophonie est une femme et une nord-américaine, mais surtout parce que pour la première fois, c’est le critère démocratique qui a prévalu dans ce choix. Un choix qui n’a pas plu à Denis Sassou Nguesso. Retour sur cette journée où Michaëlle Jean a été élue secrétaire générale de l’OIF.

Avant le début du sommet, François Hollande a fait une première allocution, relayée par les médias du monde entier. Il invitait les dirigeants africains à ne pas modifier leur constitution à des fins personnelles. « Quand on fait voter des peuples pour des Constitutions à travers des référendums, on ne peut pas les modifier impunément. Quand un chef d’Etat reste plusieurs mandats de suite, et qu’à un moment il est fixé une limite d’âge ou il est fixé un nombre de mandats qui ne peut pas être dépassé, il ne peut pas en être décidé autrement. C’est ce qui s’est passé au Burkina ».

Il a répondu aux critiques (notamment de la diplomatie rwandaise) : « Les principes, par définition, s’adressent à tous et pas à un pays en particulier », « la France n’est pas dans une posture de donner des leçons au nom de je ne sais quelle prétention ».

 
TOGO

A la suite du Burkina Faso et en marge du sommet de la Francophonie, Paris entend augmenter la pression sur Faure Gnassingbé. Pour cela, non seulement Hollande a changé une phrase dans son discours, mais il a rencontré le président togolais pour lui demander d’écouter « la voix de son peuple ». Au-delà de la lettre à Compaoré, le président français avait multiplié, en sourdine, des gestes pour dissuader l’ex homme fort de Ouagadougou de modifier la constitution. Idem pour Faure désormais.

L’avis d’Afrika Express.

 

RWANDA

Le discours de François Hollande n’a pas été du goût de tous, en particulier de la ministre rwandaise des Affaires étrangères, Louise Mushikiwabo. S’exprimant, sur France 24, elle a indiqué : « je trouve cela gênant qu’un président qui est avec ses pairs, ici, au sommet de la Francophonie, vienne pour ne pas discuter avec eux, mais pour dicter ce qui devait se passer dans leurs pays ; je trouve cela assez inélégant « . L’article complet ici.

Pour rappel, Paul Kagame fait partie de ces dirigeants qui sont susceptibles de modifier la Constitution de leur pays pour se maintenir au pouvoir.

La Constitution rwandaise prévoit clairement que : « Le président de la République est élu pour un mandat de sept ans renouvelable une seule fois. En aucun cas, nul ne peut exercer plus de deux mandats présidentiels ». Pour plus de détails sur la situation politique au Rwanda, cliquez là.

Quoique pouvant facilement modifier la Constitution à cet effet, il semble que l’ancien seigneur de guerre penche plutôt au scénario « à la Poutine » pour donner le change à l’opinion internationale.

L’opinion d’Echos d’Afrique (2011).

 

GHANA – SOMMET DE LA CEDEAO

Prévu pour parler Ebola, le sommet d’Accra aura lieu sans l’un des principaux concernés, la Guinée. Et dans toutes les têtes, le Burkina Faso, avec le fantôme de Compaoré qui plane sur tous. La démocratie s’est invitée et le président du Ghana veut un « plan qui favorise les départs volontaires du pouvoir ». S’ils sont apparus insensibles à l’idée qui a fait long feu, tous y pensent en se rasant le matin depuis fin octobre.

L’article d’Afrika Express.

 

NAMIBIE

Si dans certains pays africains, les chefs d’État, une fois arrivés en fin mandat, tentent de toucher à la Constitution pour s’accrocher au pouvoir, Hifikepunye Pohamba, le président namibien, a choisi de se retirer. Sans jouer aux prolongations comme Sam Nujoma, son prédécesseur.

La suite de l’article par ici.

 

BURKINA FASO

Le président du Conseil National de Transition (CNT) a été élu. Il s’agit du journaliste Sheriff Sy.

Le Général Diendéré, « ombre de Compaoré », a été démis de ses fonctions.

Le premier ministre de la transition, le Colonel Zida, a annoncé l’ouverture du dossier Thomas Sankara, avec une éventuelle demande d’extradition de Blaise Compaoré du Maroc.

 

Revue de presse du 24 novembre 2014

BURKINA FASO

Le gouvernement de transition du Burkina Faso a annoncé sa composition dimanche après plusieurs jours d’intenses tractations. Les militaires occupent quatre portefeuilles, notamment ceux de la Défense et de l’Intérieur.

Le lieutenant-colonel Zida cumule les postes de Premier Ministre et de Ministre de la Défense.

Pour plus de détail, lisez cet article.

TOGO

Au Togo, la journée de vendredi dernier a été dominée par deux manifestations quasi simultanées à Lomé. D’un côté, le pouvoir, de l’autre l’opposition. Celle-ci défilait pour réclamer des réformes en vue des élections de 2015, dont une limitation du nombre de mandats afin que le président Faure Gnassingbé ne se représente plus.

Selon les participants, la marche a été dispersée violemment à coups de gaz lacrymogènes notamment. Deux personnes ont été gravement blessées. La manifestation de l’opposition a été dispersée par la police.

Plus d’informations ici.

L’Accord de Politique Globale signé en 2006 par le chef de l’Etat suite à son élection très controversée en 2005 prévoyait ces réformes, mais n’a jamais été appliqué, à cause d’un prétendu débat sur la rétroactivité qui permet au pouvoir en place de gagner du temps.

TCHAD

Manuel Valls au Tchad samedi dernier : « C’est important de dire combien le Tchad représente un facteur de stabilité et c’est ce facteur de stabilité que nous continuerons de soutenir ». Ou comment continuer à affirmer clairement le soutien à une dictature alors qu’ailleurs en Afrique les mouvements citoyens pour la démocratie se réveillent et prouvent que la présence d’un homme fort à la tête de l’Etat ne donne que l’illusion d’une stabilité. En alimentant le ressentiment d’une population qui ne profite pas des ressources de son pays, le maintien illégitime du président au pouvoir augmente le risque d’une rupture grave pour le pays.

BENIN

Le projet de loi portant révision de la Constitution qui avait été introduit sur la table des députés a été  définitivement retiré de l’Assemblée nationale béninoise après la chute du président  burkinabé Blaise Compaoré.

La suite par ici.

 
RDC

La chute de Blaise Compaoré au Burkina Faso semble avoir refroidi à Kinshasa les partisans d’une révision constitutionnelle susceptible de permettre au président Joseph Kabila de rester en poste après 2016. Pour plusieurs diplomates et analystes, l’option désormais privilégiée pour permettre à M. Kabila d’effectuer un troisième mandat consiste à retarder au maximum l’échéance de la présidentielle censée avoir lieu en novembre 2016.

L’article de Jeune Afrique.

 

Revue de presse du 17 novembre 2014

Blaise Compaoré tombe, les autres dictateurs resserrent leur surveillance des médias et des opposants politiques.

 

BURKINA FASO

Après un report d’une journée en raison de problèmes techniques et logistiques, la charte de la transition a été signée ce dimanche 16 novembre à Ouagadougou, au Burkina Faso, par les forces de défense et de sécurité, les partis politiques, les autorités religieuses et la société civile. Tôt lundi matin, le diplomate de carrière Michel Kafando a été nommé président de la transition.

Suite de l’article et charte de la transition ici.

 

TCHAD

Les manifestations du mardi 11 novembre dernier, ont révélé à l’opinion publique internationale que le Tchad est un pays où la surveillance s’est accentuée au niveau de l’Internet et de la communication.

Après avoir réprimé par des moyens militaires, les populations qui manifestaient contre son pouvoir de plus en plus dénoncé, et pour empêcher à ce que les nouvelles concernant le Tchad, ne soient connues à l’étranger, le régime tchadien a décidé de nouveau, d’élever le niveau de contrôle d’Internet et de la communication dans le pays.

La France joue aussi un rôle.

Lire l’article.

 

GUINEE EQUATORIALE

La Guinée équatoriale a été choisie pour organiser la Coupe d’Afrique des Nations 2015 à la place du Maroc. Un petit rappel sur la situation politique du pays s’impose.

La Guinée équatoriale, dirigée depuis 1979 par le président Teodoro Obiang Nguema, a interdit à ses médias d’État d’évoquer la chute du président burkinabe Blaise Compaoré, chassé sous la pression de la rue après 27 ans de pouvoir, a-t-on appris auprès de journalistes.

L’article ici.

 

BURKINA FASO, RDC, CONGO, BURUNDI, même combat

Alors que des projets de réformes constitutionnelles sont en débat dans plusieurs pays africains, des opposants originaires de huit pays du continent se sont réunis vendredi à Paris pour signer une déclaration commune exigeant le respect des textes fondateurs.

L’article de RFI.

 

CONGO

Alors qu’ils étaient réunis au domicile de M. Mierassa, président du Parti Social Démocrate (PSD), pour une assemblée générale, plusieurs membres du Mouvement Citoyen pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel ont été arrêtés le 4 novembre, par des éléments de la police nationale en uniforme et en tenue civile.

Violant le domicile de M. Mierassa, ceux-ci ont, selon nos informations, proféré des menaces à l’encontre de la foule avant de lancer des bombes lacrymogènes en direction des participants. A l’intérieur du domicile, les policiers ont porté des coups aux participants et ont détruit des biens mobiliers et immobiliers, jusque dans sa chambre, d’où ils auraient emporté des objets de valeur.

Trois jours après les faits, 24 des 35 des militants du Mouvement Citoyen pour le Respect de l’Ordre Constitutionnel sont toujours détenus à la Direction Générale de la Surveillance du Territoire, tandis que 11 ont été libérés hier, jeudi 6 novembre.

Source : communiqué de la FIDH

Burkina Faso : il est temps de « tourner la page »

Le 15 octobre, des associations, des syndicatsdes intellectuels et artistes d’une trentaine de pays, d’Afrique et d’ailleurs, lançaient dans plusieurs journaux d’Afrique et d’Europe un appel « Tournons la page » pour dire non aux « coups d’Etat constitutionnels » qui se profilaient en Afrique.

Au Burkina Faso, le gouvernement a fait la sourde oreille aux cris de son peuple. Alors que, depuis des mois, la population défile dans les rues, remplit les stades de Ouagadougou, Bobo-Dioulasso…, pour demander le respect de la Constitution, le gouvernement a voulu passer en force en vue de réviser l’article 37 de la Constitution. Ce dernier empêchait le chef de l’Etat Blaise Compaoré, au pouvoir depuis 27 ans, de se représenter.

L’exaspération des Burkinabès était palpable. La semaine dernière (communiqué du 22 oct.), les associations signataires de « Tournons la page ! » appelaient les dirigeants burkinabés à sortir par la grande porte, en se conformant à la Constitution et à la Charte de l’Union africaine[1]. Ces dirigeants portent aujourd’hui la lourde responsabilité des heurts et de la période d’instabilité qui pourrait s’ouvrir au « pays des hommes intègres ».

Dans les mois qui viennent, plusieurs autres dirigeants africains ont aussi « rendez-vous avec l’Histoire ». Ils seraient inspirés d’entendre les aspirations démocratiques de leur peuple et de renoncer à toute tentative de « coup d’Etat constitutionnel »

[1] « Les Etats parties conviennent que l’utilisation, entre autres, des moyens ci-après pour accéder ou se maintenir au pouvoir constitue un changement anticonstitutionnel de gouvernement et est passible de sanctions appropriées de la part de l’Union : (5) Tout amendement ou toute révision des Constitutions ou des instruments juridiques qui porte atteinte aux principes de l’alternance démocratique. », article 23 de la Charte africaine de la démocratie, des élections et de la gouvernance, signée le 30 janv. 2007 par les États membres de l’Union africaine.